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Airsoft Backstage

Airsoft Français : Élitisme ou Sectarisme ?

6 Juin 2017 , Rédigé par Airsofteur Masqué Publié dans #Général

Après une longue absence due à de nombreux facteurs (peu de temps libre, manque d’idées mais aussi de motivation), je souhaite revenir avec un article rebondissant sur un sujet qui fait quelque peu débat ces quelques jours, entre autres suite à une vidéo de Ding Chavez faisant elle même référence à une vidéo de « Airsoftcentric » et parlant de l’élitisme dans l’Airsoft.

En effet, l’airsoft est un loisir jeune, surtout en France, et en conséquence il évolue rapidement avec l’arrivée massive de nouveaux arrivants. Doit-on pour autant faire de l’airsoft un loisir élitiste ? Si oui dans quels domaines ?

 

Avant de répondre à ça en vous donnant mon avis, je vous invite à consulter la vidéo de Ding Chavez à ce sujet :

En soit, je partage certains avis avec lui tout en ayant des points un peu divergent.
Afin de ne pas trop nous éparpiller, je vais diviser cet article en plusieurs sections :

  • La naissance et l’évolution de l’Airsoft en France
  • Quel élitisme frappe actuellement l’airsoft en France ?
  • Comment est pratiqué l’airsoft ailleurs dans le monde
  • Doit-on faire de l’airsoft un loisir élitiste ?
     

I- La naissance de l’Airsoft en France.

Commencer par là me semble être une bonne chose car peu de gens connaissent vraiment les origines de l’Airsoft, son but initial et comment il est arrivé en France et ce sont pourtant des bases assez nécessaire pour creuser un peu le problème.

Pour faire assez gros, l’Airsoft est né au Japon suite à la seconde guerre mondiale. Les Japonnais, après leur défaite, ont vu leurs lois sur les armes à feu drastiquement durcie. Il est impossible d’en posséder une à part pour la chasse mais sous des conditions et restrictions lourdes.
Le problème c’est que les japonais étaient de fervents amateurs d’armes à feu. Ils ont donc vite trouvé un moyen de posséder des objets ayant l’apparence d’une arme à des fins de collection. Les premiers « model guns » sont nés : des répliques d’armes à l’échelle 1:1, d’abord inertes, puis plus tard démontables, pouvant accueillir des chargeurs avec des fausses cartouches, pouvant être manipulés avec un culasse mobile etc.
A cette époque là il n’y avait toutefois pas de projectiles. Ce n’est que plus tard, dans les années 70-80 que sont nées les premières répliques d’armes type Airsoft.

En France on trouvait les répliques de manière disparate jusqu’à l’arrivée de 3 Pylônes (devenu Cybergun) qui a importé à plus grande échelle l’Airsoft en France, d’abord de manière assez « sauvage » puis encadré avec le décret 99-240 en 1999.

L’Airsoft est donc arrivé en France majoritairement à des fins de loisir : des répliques d’armes, tirant un projectile non dangereux, pour faire du tir sur cible ou bien des « wargames » comme on les appel en Asie, c’est à dire des parties.

Bien entendu, l’airsoft s’est grandement démocratisé avec la diffusion d’Internet et surtout l’attrait pour la pratiques des plus jeunes pratiquants venant majoritairement du monde du jeu vidéo. En effet, ça semble quand même bien cool de faire du Counter Strike ou du Call of Duty en vrai.

Il est toutefois important de noté que l’Airsoft est né à des fins de collection et arrivé en France à des fins de loisir. On est donc, à la base, assez loin de l’image qui colle à l’Airsoft en France de loisir issu du monde militaire : faire de l’Airsoft n’est pas nécessairement « jouer à la guerre ».

II – Quel élitisme frappe actuellement l’Airsoft en France ?

A vrai dire, on ne peut pas parler d’élitisme selon moi. L’Airsoft en France (et certainement ailleurs dans le monde) est plutôt touché par un sectarisme. L’airsoft n’est pas réservé à une petite caste de personnes pouvant dépenser 1500€ dans une Systema PTW, 1000€ dans son upgrade et 3000€ dans du gear de réenactment. Bien sur ça fait partie de l’Airsoft mais ce n’est pas l’Airsoft.

A notre époque nous pouvons très bien aller faire de l’Airsoft avec une réplique à 130€, une tenue à 100€ et c’est parti !
Selon moi, le problème vient plutôt de « castes » privées. Nous avons d’un côté les pro-milsim, les pro-hpa, les pro-gbbr, les pro-cheap (avec la sous catégorie des pro-wish et des «C’est dispo chez Taiwangun »), les pro-roleplay, les pro-speedsoft, etc., etc.

Vous l’aurez compris, il existe de nombreuses manière de faire de l’airsoft. Toutefois, et c’est là que ça devient regrettable, c’est que de nombreuses personnes n’arrivent pas à tolérer la différence (tiens tiens … c’est pas que dans l’Airsoft ça).

Dans certains cas c’est compréhensible, dans d’autres moins.

Il est assez normal que des Milsimeurs n’apprécient pas forcément partager leur terrain avec des joueurs « du dimanche » car les deux types de joueurs n’ont pas les mêmes attentes et envies de leur partie. Il est aussi relativement normal qu’un joueur Rôle Play n’apprécie pas de partager son dimanche avec des speed-softeurs et vice versa.

 

Est-ce que ça veut dire que les Milsimeur sont au dessus des joueurs du dimanche ou que les Rôle Player ont une activité plus noble que les speedsofteurs ? Non
Est-ce que l’une de ces catégories doit mépriser l’autre ? Non plus.
Toutefois il s’agit à chaque fois d’activité différentes qui n’ont pas forcément grande chose à faire ensemble sur le même terrain.

Ce communautarisme vient certainement du manque d’offre, ou bien du manque d’offre adapté a chaque type de jeu et s’est démocratisé avec l’avènement des entreprises proposant des parties faciles d’accès et où tous les genres d’airsofteurs se mélangent : le « jean basket », le « milsim », le « reenacteur » ou encore le « speedsofteur HPA ».
Alors que si ces gens se retrouvaient entre eux sur des parties dédiées il y aurait bien moins de soucis.

C’est par exemple ce que l’on pouvait encore le voir en majorité il y a quelques années, lorsqu’on choisissait chez quelle association on allait jouer en fonction de nos préférences et envies : certaines associations proposaient de la partie classique, à base de death match, de rafales et de high-cap, d’autres des parties avec des modes de jeu un peu plus poussé, du rôle play, etc. et on trouvait enfin des associations purement milsim qui souvent jouaient entre associations «amies » pour faire leurs événements hautement scénarisés.

Bien sur, tout ceci existe encore, mais en bien moindre mesure. Les nouveaux joueurs, arrivant en masse via la démocratisation de l’Airsoft sur internet (outre les jeux vidéo il suffit de voir les pages facebook type Buzzfeed qui partagent des vidéos « Ce sniper va vous dégoutter à vie de l’airsoft ») vont souvent aller au plus simple, au mieux référencé sur Google, au plus attrayant pour jouer : la grosse entreprise qui propose une partie sur un terrain qui fait rêver, avec une inscription facile depuis une site internet et un paiement PayPal.

Fini les recherches d’association du coin, les inscriptions et présentations sur les forums, les paf à payer avec son billet de 10 sur place à l’orga qui vous accueil avec le café et le pain au chocolat.

 

III – Comment est pratiqué l’Airsoft dans le monde.

Il me semble que c’est un point important pour comprendre à quel point l’Airsoft est vu d’une manière étroite en France, comme si les joueurs portaient des œillères ne leur permettant de ne voir que quelques petites facettes de l’Airsoft.

Car oui, l’Airsoft regroupe de nombreuses pratiques, parfois méconnues :

  • La partie du dimanche ou « Wargame »
  • Le Milsim
  • Le Réenactment
  • Le speedsoft
  • Le Roleplay
  • La collection
  • Le tir sur cible dans son jardin
  • Le custom / upgrade (car pour certain, le plus grand plaisir c’est de créer une réplique performante, pas de jouer avec)
  • Le tir sur cible IPSC
  • La compétition
  • Et certainement des dizaines d’autres, je n’ai pas vocation à tout connaître.

 

     

    Mais je sais que j’en ai déjà braqué plusieurs en parlant de « compétition », le mot tabou, interdit dans l’airsoft Français.

    Vous le connaissez tous le « L’Airsoft c’est un loisir basé sur le Fairplay, ça ne peut pas être compétitif, c’est contraire à l’esprit de l’Airsoft ».
    Et pourtant il n’y a pas besoin d’aller bien loin pour découvrir l’Airsoft compétitif.
    Pas aussi loin que les USA comme beaucoup peuvent de l’imaginer «Il y a que les américains pour pratiquer l’Airsoft comme on ferait du Paintball ».

    Non, en fait il suffit de passer une frontière et d’aller en Italie. Là bas l’airsoft est majoritairement joué de deux manières : une bonne moitié fait du wargame, l’autre moitié fait de l’Airsoft compétitif, souvent en tournois de petites équipes du type 5vs5.
    Pourtant je n’ai jamais eu d’écho venant d’Italie d’Airsoft gâché, ruiné par la compétition, tant que les airsofteurs voulant jouer de manière compétitive le font avec d’autres joueurs ayant le même étant d’esprit et suivant les mêmes règles.

    Pour rester dans le compétitif : de plus en plus de gens entendent parler de l’IPSC Airsoft, une pratique de tir sur cible dynamique et plus orienté sportive que tactique. Peu de gens le pratique en France car assez éloignée de l’Airsoft tel qu’il est né en France mais pas décrié pour autant. Et pourtant l’IPSC est bien une manière compétitive de pratiquer l’Airsoft : il faut être le plus précis ou le plus rapide.

     

    Si on va dans des pays comme les Philippines on retrouvera une autre manière de pratiquer l’Airsoft, peu orthodoxe pour nos âmes non préparées, mais toute aussi compétitive : des parties où ultra high-cap, énormes cadences et grosses batteries scotchées au garde main sont reines.
    Des parties ou les joueurs lâchent des rafales à tout va, couvrant le terrain de billes et où presque chaque joueur à un arbitre qui le suit comme son ombre avec un long fanion pour signaler les touches.

    Qu’est-ce qui empêche ce genre de pratique d’arriver en France ? Certainement le sectarisme, voir même l’élitisme pour le coup, du «Non Sport » pour les beaux yeux du Fairplay.

    Enfin, on peut parler de Hong Kong, grande nation de l’Airsoft, disposant de règles proche de la France (limitation à 2 Joules) ou une majorité jouent en rafale, dans des CQB aménagées de planches de contreplaqué dans des étages d’immeuble, sans réel distance de sécurité ni réglementation de puissance lié au type de réplique.

    Quelque chose d’impensable en Franc et pourtant le quotidien d’une « Nation Reine » de l’Airsoft.

    IV – Doit-on faire de l’Airsoft un loisir élitiste ?

    Sur ce point, j’ai un avis divergent par rapport à Ding Chavez. Bien sur je partage son point de vue disant qu’il ne faut pas se mettre financièrement dans la merde à base de crédits en 3, 4 ou 10x pour acheter une réplique et vivre le loisir à hauteur de ses moyens. Cependant je ne pense pas que ça doive être un frein à la pratique de l’Airsoft et que l’Airsoft ne doit pas devenir une pratique de personnes aisées.

    Il y a toujours la possibilité de se faire plaisir avec un G36 Jing Gong à 100€, pourquoi se priver ?

    Toutefois, je pense que l’Airsoft en France devrait être plus encadré, peut être avec enfin une vrai fédération, unique, couvrant toutes les pratiques de l’Airsoft possible et pas uniquement le wargame et disposant de règles.

    Je ne l’ai jamais caché, je pense que l’acquisition, bien que restant facile et libre, devrait se faire avec un peu plus de contrôle du type pouvoir prouver son adhésion à ladite fédération afin de limiter l’acquisition trop facile de réplique à des fins peu louables (braquages, tirer sur des passants dans la rue, défis débiles sur Youtube, etc.).

    Enfin, je pense qu’un bon retour au source pour les joueurs, leur demandant de faire l’effort d’aller trouver un terrain et une association offrant un jeu en corrélation avec leur style plutôt que d’imposer leur type de jeu à d’autres joueurs ne le souhaitant pas ne ferait pas de mal.

    Bien entendu mon avis n’engage que moi, nombreux sont ceux qui peuvent ne pas le partager mais je pense qu’il y a un point sur lequel tout le monde devrait se mettre d’accord : il n’y pas une seule manière de pratiquer l’airsoft et il faut savoir accepter les pratiques des autres, qu’elle consiste à jouer avec une tenue à 100€ ou 3000€, qu’elle consiste à jouer milsim ou speedsoft, qu’elle consiste à se détendre le dimanche avec un barbecue à midi, entre deux deathmatch, ou bien à faire des TDM en 5vs5 lors d’un tournois.

    Merci de m’avoir lu !
    L’airsofteur masqué.

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    T
    J'ai été jouer a Town avec la fédération romande d'airsoft (FRAS), nous étions entre suisses, nous avons loué le terrain a la Wild Trigger. Le dimanche 3 joueurs français nous ont rejoint, et ont eu beaucoup de plaisir de jouer avec nous. Car en discutant avec eux, il m'ont dit que l'airsoft français se dégrade... Non respect des règles, higlandisme, mauvaise ambiance, manque de fair play... <br /> En Suisse, les répliques d'airsoft sont assujettis a la loi sur les armes (Larm) <br /> nous sommes beaucoup plus de fair play, respect des règles et initiation au près des mineurs. Y a même un brevet pour les Jeunes Joueurs et Arrivants. J'espères que l'airsoft français va s'améliorer, et si vous voulez un exemple, jouez avec des suisses!
    Répondre
    M
    Superbe analyse comme je les aimes; c'est documenté, et contre argumenté. Bref çà fait du bien.. <br /> <br /> Je pense que l'airsoft français est à l'image des "français" à savoir : des geullards qui se plaignent de tout autour de notion de "caste" mais qui au font s'unissent contre vent et marrées pour un seul but : le FUN...<br /> <br /> la seul véritable chose que je regrette aprés 10 ans de pratique, c'est le manque de cohérence et surtout la disperssion de notre passion là ou dans d'autres sport il y a des fédérations qui editent des régles et surtout, qui ont un poids politique en cas de soucis... Ce qui n'es tpas le cas de l'airsoft en france... Et je trouve vraient çà dommage...
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    A
    Merci pou ton retour :)